Limitation de la durée des arrêts de travail
Dans la continuité de sa politique de contraintes budgétaires, le gouvernement impose une loi limitant la durée des arrêts maladie au détriment de la santé des malades !
Plutôt que financer la sécu, le gouvernement attaque encore les arrêts maladie !
Par un décret paru le 13 juin dernier, le gouvernement limite la durée d’indemnisation des arrêts de travail à un mois pour une première prescription et à deux mois en cas de prolongation. Un autre décret du même jour fixe à 4 ans la durée maximale des arrêts de travail pour les accidents du travail et maladies professionnelles.
Ces plafonds entrent en vigueur au 1er septembre 2026, sauf exception en raison de l’état de santé du patient, et s’appliquent aux différents professionnels de santé amenés à prescrire des arrêts de travail (médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes).
Comme si les salarié·es malades étaient responsables de leur situation ! Délais de carence, plafonnement des indemnisations : la finance pèserait-elle plus lourd que le soin et la guérison ?
Derrière cette décision gravée dans la loi de financement de la Sécurité Sociale 2026, c’est une révolution conservatrice qui s’opère. Alors que la Sécu est normalement là pour donner le temps nécessaire au soin et à la réparation, elle mettra désormais la pression pour faire revenir travailler, quitte à mettre la santé des travailleur·euses en danger. Le travail tue mais le gouvernement regarde ailleurs.
La réalité est cependant toute autre :
- L’absentéisme reste élevé, notamment chez les cadres, avec une explosion des arrêts pour santé mentale devenue le deuxième motif des arrêts longs.
- Les indemnités journalières explosent : 18 milliards d’euros pour la Sécu en 2025, en hausse d’1 milliard par an.
Et au lieu de s’attaquer aux causes réelles (conditions de travail pourries, sous-effectifs, management toxique...), le gouvernement choisit de renforcer les contrôles et raboter les indemnités journalières.
Il faut dénoncer cette logique injuste et dangereuse. Nous refusons que la santé des travailleurs soit sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires.
Exigeons l’abrogation de ces décrets et un véritable financement de la sécurité sociale à commencer par l’abrogation des exonérations des cotisations patronales, une augmentation des cotisations et des salaires, une lutte contre le chômage et l’amélioration des conditions de travail.
Justice sociale plutôt que le capital.
Extrait d'une publication du > syndicat SOLIDAIRES du 15 juin 2026.
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Arrêts maladie : une réduction motivée par des impératifs budgétaires au détriment de la santé
Loin de toute considération médicale ou de tout bénéfice thérapeutique avéré, cette réforme traduit une nouvelle fois le pilotage des politiques de santé par la contrainte budgétaire. Si, dans de rares cas, une limitation temporelle peut produire certains effets sur des pathologies spécifiques, celle-ci ne valait jusqu'alors qu'à titre de recommandation.
Au contraire, dans la plupart des cas, ces décrets présentent de de graves risques pour la santé publique : compte tenu du manque criant de médecins traitants et de la difficulté à prendre rendez-vous, nombre de travailleuses et travailleurs risquent de ne pas avoir la possibilité d’obtenir des arrêts pourtant nécessaires, avec tous les dangers individuels et de santé publique que cela implique.
Ces mesures s'inscrivent dans la continuité de la récente réduction du plafond des indemnités journalières, abaissé de 1,8 à 1,4 SMIC, ainsi que d'un autre décret publié ce même samedi 13 juin 2026, par lequel le gouvernement limite à quatre ans la durée durant laquelle un·e salarié·e peut bénéficier d'un arrêt maladie dans le cadre d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle, disposition applicable à compter de 2027. Si le nombre de salarié·es concerné·es peut paraître limité, elles et ils se trouveront plongé·es dans une grande précarité et soumis·es aux contrôles permanents, auxquels sont déjà assujetti·es les allocataires du RSA ou de l'allocation aux adultes handicapé·es.
Il convient de s'opposer avec obstination à toute politique publique construite sur le principe premier de la contrainte budgétaire. Elle défend la Sécurité sociale répondant aux besoins réels des assuré·es sociaux, et non présupposer et sanctionner d'hypothétiques comportements déviants.
La Sécurité sociale a vocation à protéger les travailleuses et les travailleurs de ce pays : c'est de moyens qu'elle a besoin, non de restrictions supplémentaires.
Extraits d'une publication du > syndicat CGT du 16 juin 2026.
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