Le compteur dépassé
ÉPISODE 8 : "Le compteur dépassé"
Règle du jeu : Lisez attentivement cette courte histoire. Une situation tendue s'installe dans l'entreprise... Sauriez-vous identifier le principe juridique qui régit le temps de parole et d'action des élu·es ?
L'Histoire :
Un plan social de grande ampleur venait d'être annoncé, plongeant l'entreprise dans une crise inédite. La secrétaire du comité et les membres de la commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (SSCT) ne comptaient plus leurs heures : auditions des équipes sur le terrain, rédaction de notes d'alerte, réunions d'urgence et rendez-vous répétés avec l'avocat et l'expert-comptable du comité. À la fin du mois, la secrétaire a transmis son relevé de temps : elle affichait quarante-cinq heures d'activité représentative, dépassant largement le quota mensuel individuel fixé par la loi.
La réaction du directeur des ressources humaines ne s'est pas faite attendre. Estimant que la secrétaire avait abusé de son statut, il a refusé de rémunérer les heures effectuées au-delà du forfait légal et a retenu la somme correspondante directement sur son bulletin de paie. Pour la direction, tout dépassement du crédit d'heures sans accord préalable de la hiérarchie constitue une absence injustifiée et un manquement disciplinaire, peu importe la gravité des événements traversés par l'entreprise.
C'est pourtant méconnaître la souplesse que la jurisprudence accorde à la représentation du personnel face aux urgences sociales. La loi protège la liberté de mouvement des représentant·es en instaurant une présomption de bonne utilisation de leur temps. Si le quota d'heures est en principe fixe, il peut être valablement dépassé lorsque des événements d'une gravité ou d'une urgence particulières l'exigent. En opérant une retenue sur salaire unilatérale sans contester préalablement ce dépassement devant le juge judiciaire, l'employeur s'est fait justice lui-même et a violé une règle fondamentale de la protection des mandats.
Question : Comment l'employeur doit-il réagir face à un dépassement du crédit d'heures justifié par des "circonstances exceptionnelles" ?
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A) Il peut couper la paie du/de la salarié·e pour les heures excédentaires sans aucune démarche préalable ?
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B) Il doit payer les heures à l'échéance normale de la paie, puis contester le dépassement devant le Conseil de prud'hommes s'il le juge injustifié ?
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C) Il doit immédiatement prononcer une mise à pied conservatoire à l'encontre de l'élu·e concerné·e ?
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D) Il peut déduire les heures excédentaires du quota du mois suivant ?
Réponse plus bas
Réponse au quiz
La bonne réponse est la B (Payer d'abord les heures, puis contester devant le juge prud'homal)
Pourquoi ? Les heures de délégation bénéficient d'une présomption de bonne utilisation.
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Le dépassement pour circonstances exceptionnelles : En cas d'événement inhabituel et urgent (restructuration d'ampleur, droit d'alerte, accident grave), le crédit d'heures peut être dépassé >art. L. 2315-7 et suiv. du Code du travail.
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L'obligation de paiement préalable : L'employeur est tenu de payer toutes les heures de délégation à l'échéance normale de la paie, même celles qui dépassent le quota mensuel.
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La contestation a posteriori : Si l'employeur estime que les circonstances exceptionnelles n'étaient pas réunies ou qu'il y a eu un abus, il ne peut pas se faire justice lui-même (ni couper la paie, ni imposer une retenue). Il doit d'abord payer, puis saisir le Conseil de prud'hommes pour demander le remboursement des heures contestées. Procéder à une retenue sur salaire constitue une retenue illicite et un délit d'entrave !
Sécurisez l'utilisation et le paiement de vos heures de délégation : retrouvez aussi notre article sur > la rémunération du temps de trajet des représentants du personnel.
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